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ronin
Jedi Trader

11 11 2007 à 16 : 32
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Derniers Poilus :
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Lazare Ponticelli, un poilu au destin romanesque
A bientôt 110 ans, il l'un des deux derniers "poilus" survivants de la Grande
Guerre. Ce dimanche, il portera le souvenir" de ses camarades morts au front.
Tout comme Louis de Cazenave, le second poilu
encore vivant, il a refusé les funérailles nationales promises en 2005 par
Jacques Chirac pour le dernier des 8,5 millions de poilus.
Le portrait de Lazare Ponticelli
Sa vie s'apparente à un roman.
A bientôt 110 ans, Lazare Ponticelli, un des deux derniers "poilus"
survivants, devait participer ce dimanche à la célébration de l'Armistice dans
sa commune du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, pour "porter le souvenir"
de ses camarades morts au front.
Ce Franco-Italien, à toujours tenu à participer à cette commémoration, qu'il
considère comme un devoir :
"Pendant la guerre, un camarade m'a dit 'Si je
meurs, vous penserez à moi', et je n'ai jamais oublié".
Soucieux de témoigner, ce qu'il a fait en racontant la guerre de 1914-1918
dans les écoles, Lazare Ponticelli est fier de raconter son parcours.
Celui d'un petit Italien parti tout seul de son village natal, près de Bettola
(nord de l'Italie), à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner le
"paradis", la France.
Il vit à avec sa mère et ses frères à Nogent-sur-Marne, où réside à l'époque
une importante communauté italienne.
Chasseur alpin
Lazare Ponticelli n'a pas 17 ans quand il s'engage en 1914 dans les rangs du
1er Régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès (Légion étrangère).
Un mois de classes et le voilà au front, "à Soissons, en deuxième ligne", puis
en Argonne.
"A la première attaque, sur la cote 707/708, on a
été décimé immédiatement car on n'avait pas de tranchées", se souvient-il.
"Les Allemands en avaient, pas nous".
C'est lui qui "fait le premier pansement" à son frère Céleste, blessé.
Ceux qui n'étaient pas tombés ont été "ramassés
et on nous a expédiés à Verdun".
C'est là, au fond des tranchées, au milieu "des rats qui se baladaient", qu'il
sera rattrapé par l'Italie en 1915.
"On me demandait au poste de commandement". Il y apprend que, comme tous les
Italiens engagés dans l'armée française, il doit partir combattre sous le
drapeau transalpin après l'entrée en guerre de l'Italie au côté de la France.
C'est donc comme chasseur alpin, de l'autre côté de la frontière, qu'il
poursuivra la guerre, se battant contre les Autrichiens.
"C'est complètement idiot la guerre"
De ce long conflit, dont il sort indemne excepté une blessure à la joue, il a
retenu une chose:
"Vous tirez sur des pères de famille, c'est complètement idiot la guerre".
Démobilisé en 1916, il rentre en France en 1921 et lance avec deux de ses
frères une entreprise de montage et d'entretien de cheminées d'usine, dont les
activités vont s'étendre au montage-levage, particulièrement dans le secteur
du raffinage du pétrole.
La société Ponticelli Frères existe toujours et compte 2 000 salariés.
Ce dernier légionnaire de la Guerre 14-18, naturalisé en 1939, évoque avec
fierté ses médailles, conservées dans une boîte à chaussures.
Mais tout comme Louis de Cazenave, le second
poilu encore vivant, il a refusé les funérailles nationales promises en 2005
par Jacques Chirac pour le dernier des 8,5 millions de poilus.
"Si c'est moi le dernier, je dis non. Ce serait
un affront pour les gens qui sont morts sans considération".
Pour lui, le travail de mémoire s'est mis en place trop tardivement. "Ils
auraient dû faire ça avant que les gens ne soient morts et ne puissent plus
parler", regrette-t-il
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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ayron
Jedi Trader

11 11 2007 à 20 : 41
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Bonjour Ronin San
Merci de nous rappeler la vie de cet homme qui a 110 ans garde encore lucidité
et fierté.
| Citation: |
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Celui d'un petit Italien parti tout seul de son village natal, près de Bettola
(nord de l'Italie), à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner le
"paradis", la France. |
Et n'oublions pas que depuis, pas grand chose n'a changé : la France est
toujours le paradis pour les habitants de très nombreux pays qui ont faim,
sans parler de démocratie ou de droits de l'homme.
Alors, avant d'avoir des états d'âme d'occidentaux blasés et nantis, ayons une
pensée pour tous ces gens prêts à prendre tous les risques pour gagner notre
"paradis" et réjouissons-nous d'y vivre, même si parfois nous pouvons trouver
que c'est "dur".
Bonne semaine à tous
_________________ Failure is the opportunity to begin again more intelligently. Henry Ford |
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ronin
Jedi Trader

12 11 2007 à 11 : 53
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LETTRES DE POILUS
Arcueil, 17 mars 2005.
Aujourd'hui, trois élèves de notre collège ont reçu,
à leur grande surprise des lettres écrites par leurs grands-parents, il y a
près de 90 ans.
" Je suis quelque peu septiquesur certains points...
Des collégiens de 2005 recevant des lettres de leur gands parents ayant vingts
ans au mieux en 1918.
Un assaut avec 75% de pertes?
On prend du recul avec ces lettres, même si l'idée générale traduit
correctement cette guerre.
Si quelqu'un a des informations..."
Verdun,
Le 18 mars 1916,
Ma chérie,
Je t'écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre.
S'il te plaît, ne pleure pas, sois forte.
Le dernier assaut m'a coûté mon pied gauche et ma blessure s'est infectée. Les
médecins disent qu'il ne me reste que quelques jours à vivre.
Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort.
Je vais te raconter comment j'ai été blessé.
Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d'attaquer.
Ce fut une boucherie absolument inutile.
Au début, nous étions vingt mille.
Après avoir passé les barbelés, nous n'étions plus que quinze mille environ.
C'est à ce moment-là que je fus touché.
Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m'arracha le pied gauche. Je
perdis connaissance et je ne me réveillai qu'un jour plus tard, dans une tente
d'infirmerie.
Plus tard, j'appris que parmi les vingt mille soldats qui étaient partis à
l'assaut, seuls cinq mille avaient pu survivre grâce à un repli demandé par le
Général Pétain.
Dans ta dernière lettre, tu m'as dit que tu étais enceinte depuis ma
permission d'il y a deux mois.
Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la
France.
Et surtout, fais en sorte à ce qu'il n'aille jamais dans l'armée pour qu'il ne
meure pas bêtement comme moi.
Je t'aime, j'espère qu'on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour
tous les merveilleux moments que tu m'as fait passer, je t'aimerai toujours.
Adieu
Soldat Charles Guinant
Antoine Favre-Félix
Verdun, le 7 septembre 1917,
Chère Lucie,
Je t'écris pour te donner de mes nouvelles.
Hier soir, vers 19h, mes camarades et moi commencions la soupe ; il n'y en
avait pas assez pour tout le monde, alors on a partagé nos parts qui étaient
déjà maigrelettes.
A ce moment-là, nous avons été appelés à faire un assaut dans la tranchée des
Boches. J'ai commencé à courir et à tirer sur les Allemands.
Quelques minutes plus tard, j'étais à terre. Ma jambe était ouverte, une mare
de sang tapissait le sol. La fin des coups de feu était proche. Les
infirmières sont venues me chercher.
Surtout, ne t'inquiète pas, je suis légèrement blessé à la jambe. Je suis
heureux de t'écrire.
Ces temps-ci, le courrier se fait rare à cause du manque de facteurs. Les
docteurs ont dit que ma jambe se rétablirait très vite. Je te demande pardon
de ne pas être à tes côtés dans des moments aussi durs et que tu doives élever
nos enfants seule. Je suis désolé.
Bonne nuit ma petite Lucie.
Soldat Charles Guinant
P.S. : Embrasse Charles, Alphonse, Léonine et Georges de ma part. Et surtout
ne t'inquiète pas pour moi.
Audrey Delize,
Verdun,
Le 18 octobre 1917,
Ma très chère Louise,
J'ai quitté les tranchées hier au soir vers 23h, maintenant je suis au chaud
et au sec à l'hôpital, j'ai à peu près ce qu'il faut pour manger.
Hier, vers 19h, on a reçu l'ordre de lancer une offensive sur la tranchée
ennemie à un peu plus d'un kilomètre.
Pour arriver là-bas, c'est le parcours du combattant, il faut éviter les obus,
les balles allemandes et les barbelés. Lorsqu'on avance, il n'y a plus de
peur, plus d'amour, plus de sens, plus rien.
On doit courir, tirer et avancer. Les cadavres tombent, criant de douleur.
C'est tellement difficile de penser à tout que l'on peut laisser passer
quelque chose, c'est ce qui m'est arrivé. A cent mètres environ de la tranchée
Boche, un obus éclata à une dizaine de mètres de moi et un éclat vint s'ancrer
dans ma cuisse gauche, je poussai un grand cri de douleur et tombai sur le
sol.
Plus tard, les médecins et infirmiers vinrent me chercher pour m'emmener à
l'hôpital, aménagé dans une ancienne église bombardée. L'hôpital est
surchargé, il y a vingt blessés pour un médecin. On m'a allongé sur un lit, et
depuis j'attends les soins.
Embrasse tendrement les gosses et je t'embrasse.
Soldat Charles Guinant, brigadier, 58è régiment.
P.S. : J'ai reçu ton colis ce matin, cela m'a fait plaisir, surtout le pâté et
la viande. Si tu peux m'en refaire, j'y goûterai avec plaisir.
Arthur Berger
http://pbmedias.free.fr/souvenir/arcueil_france/arcueil_18_poi
lus.htm
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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ronin
Jedi Trader

12 11 2007 à 12 : 20
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Mercredi 29 septembre 1915
Ma chère Louisette,
Je t'ai promis, presque solennellement, de te dire la vérité ; je vais
m'exécuter, mais en revanche tu m'as donné l'assurance que tu aurais les nerfs
solides et le coeur ferme.
Je suis depuis ce matin dans des tranchées conquises depuis 2 jours,
l'ensemble de ces tranchées et boyaux forme un véritable "labyrinthe", où j'ai
erré 3 heures cette nuit, absolument perdu.
Les traces de la lutte ardente y sont nombreuses et saisissantes ; et d'abord
elles sont plus qu'à moitié détruites par l'ouragan de mitraille que notre
artillerie y a lancé, aussi sont-elles incommodes et horriblement sâles malgré
les réparations urgentes que nous y avons faites ; tout y manque :
l'eau (propre ou sale), les boyaux, les latrines ; elles sont à moins de 200
mètres de la 1ère ligne ennemie, avec laquelle elles communiquent par des
boyaux obturés ; elles sont parsemées de cadavres français et allemands ; sans
presque me déranger j'en compte bien 20 figés dans les attitudes les plus
macabres.
Ce voisinage n'est pas encore nauséabond, mais il fait tout de même mal aux
yeux ; ce matin, à 5 heures, nous arrivons mouillés et harassés, et j'entre
dans le premier abri venu pour me détendre, j'avise une bonne planche, m'y
étends, la trouve moelleuse, mais 5 minutes après je m'aperçois qu'elle fait
sommier sur 2 cadavres allemands ; et bien, crois-moi, ça fait tout de même
quelque chose, au moins la 1ère fois.
On marmite fort tout autour de nous et vraiment c'est parfois un vacarme ;
déjà je ne salue presque plus.
Le mal n'est pas là ; il est surtout dans le temps qui est affreux ; depuis 3
jours au moins, les rafales de pluie succèdent aux averses ; les boyaux sont
des fondrières inommables, où l'on glisse, où l'on se crotte affreusement ;
aussi suis-je sâle au superlatif, au moins jusqu'à la ceinture ; mes mains
sont boueuses et les resteront jusqu'au départ ; mes souliers sont pleins
d'eau ; heureusement le corps est sec, car l'air est presque froid et le ciel
livide. Autour de moi les gens font une tête ! Il nous faudra beaucoup de
patience et de moral.
Nous sommes coiffés du nouveau casque en tôle d'acier ; c'est lourd et
incommode, mais cela donne une sérieuse protection contre les éclats de
fusants et contre les ricochets, aussi le porte-t-on sans maugréer.
Nous avons aussi tout un attirail contre les gaz asphyxiants.
Mais nous serons mal ravitaillés : un seul repas, de nuit, qui arrivera froid
le plus souvent ; et cela s'explique à la fois par la longueur des boyaux et
par la difficulté de parcourir une large zone découverte.
A ce tableau un peu sombre mais véridique il convient d'ajouter deux
correctifs ; d'abord nous aurons un rôle défensif, nous sommes chargés de
mettre en état le secteur très bouleversé ; ensuite les Allemands
contre-attaquent peu, par suite du manque d'effectifs et de l'état de leurs
affaires en Champagne.
Pour ces 2 raisons, il se pourrait très bien que nous n'ayons pas à les
regarder dans les yeux ; c'est d'ailleurs le voeu unanime ici.
Ma lettre va t'arriver en pleine période de réinstallation et de soucis ;
j'essayerai d'en prendre ma part de loin ; cela me distraira et me fondra un
peu plus avec vous.
Je te souhaite du calme et du courage pour triompher de ces petites
difficultés.
Tu sais combien je t'aime et quels tendres baisers je t'envoie, partage avec
nos chers petits.
(signé) Déléage
P.S. J'approuve absolument ta décision relative à la gentille offre de
Catherine
http://www.archives71.fr/index.php?module=cms&action=get&a
mp;id=2005110416203550
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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ronin
Jedi Trader

12 11 2007 à 12 : 24
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Ma chère marraine,
J'ai la pipe. Elle m'est arrivée dans sa petite boîte côte à côte avec le
tabac que peu à peu elle absorbera. Cette pipe me paraît être tout simplement
parfaite.
Cette perfection même m'empêche d'en parler longuement ; je ne pourrais lui
consacrer que des exclamations successives, sur sa forme, son goût et ses
dimensions !
Ce qui est non moins parfait, c'est la rapidité avec laquelle cette pipe est
venue à mon premier appel. J'en serais émerveillé si je n'étais habitué de
votre part, à ces prodiges d'empressement et d'amitié.
Pas de nouvelles nouvelles. On se prépare toujours à quelque chose d'important
et de péremptoire. Seule la date de cette action reste encore incertaine.
Si vous avez un chandail, ma chère amie, envoyez-le moi, mais dans ce cas
seulement - car j'en ai en dépôt que je pourrais réclamer s'il était
nécessaire.
Il n'y a donc pas lieu de faire une dépense, vous saisissez ?
D'autant plus que je ne porte point ce vêtement dans le civil. Dans le civil
où il faut espérer qu'on finira tout de même par rentrer !
Bien affectueusement à vous,
Henri Barbusse
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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ronin
Jedi Trader

12 11 2007 à 12 : 32
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La plus belle à mon sens est celle d'un Poilu (Lieutenant) Juif dont les
parents ont été naturalisé Français.
Il y exprime sa reconnaissance et ses devoirs envers Son pays...
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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ronin
Jedi Trader

13 03 2008 à 11 : 55
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Le dernier poilu est mort, hommage national lundi aux Invalides
C'était le dernier d'une immense cohorte, celle des 8,5 millions de soldats
français de la Grande guerre: Lazare Ponticelli , dernier poilu survivant de
l'un des conflits les plus meurtriers de l'Histoire, s'est éteint mercredi à
l'âge de 110 ans au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).
Lazare Ponticelli, doyen des Français et dernier
légionnaire de la Grande guerre, est décédé à 12h45 au domicile de sa fille,
sept semaines après Louis de Cazenave, mort le 20 janvier, également à 110
ans.
Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a "exprimé la profonde
émotion et l'infinie tristesse de l'ensemble de la Nation".
Un "hommage national" sera rendu lundi matin à Lazare Ponticelli et à
l'ensemble de ses camarades de combat lors d'une messe aux Invalides, en
présence de M. Sarkozy et de légionnaires et de soldats en uniforme de poilus,
a annoncé le secrétaire d'Etat aux anciens combattants Alain Marleix.
Le secrétaire d'Etat s'est incliné mercredi devant le corps de Lazare
Ponticelli, transféré dans l'après-midi dans le funérarium du CHU du
Kremlin-Bicêtre.
Longtemps réticent, il avait consenti peu de temps
avant de s'éteindre qu'un tel hommage soit organisé par l'Etat, à la condition
qu'il englobe expressément l'ensemble de ses camarades de combat.
Il ne resterait désormais dans le monde que huit survivants de la Première
guerre mondiale ayant réellement combattu, selon le recensement effectué par
Frédéric Mathieu, concepteur du site spécialisé Derdesders, et les bureaux de
l'AFP.
Avec Lazare Ponticelli disparaît le dernier combattant français de la guerre
de 1914-1918, qui fit dix millions de morts ,
dont 1,4 million de soldats français: paysans,
employés, instituteurs, ouvriers, bretons ou auvergnats, tirailleurs marocains
ou sénégalais, tués sur les coteaux de la Marne, dans les tranchées de Verdun
ou du Chemin des Dames.
Avec 1,4 million de soldats "morts pour la France", la France a connu une
saignée sans précédent :
900 morts en moyenne par jour durant les 51 mois de
guerre, du 1er août 1914 au 11 novembre 1918, avec 20.000 tués pour la seule
journée du 22 août 1914 en Lorraine.
1,4 million de morts et aussi 3 millions de blessés, dont 1 million d'invalides, amputés ou gazés et 15.000 "Gueules
cassées", ces soldats défigurés qui vont rappeler durant des années ce
conflit aux Français.
1,4 million de morts et aussi des centaines de milliers de veuves et
d'orphelins. Des centaines de milliers de femmes qui remplacent les hommes,
partis au front, dans les usines d'armement, les écoles et les hôpitaux.
1,4 million de morts et presque autant de noms
inscrits sur les monuments aux morts des 36.000 communes de France, dont une
quinzaine seulement n'érigèrent pas de monument car aucun soldat du village
n'avait été tué.
Mais aussi les mots "Tu ne tueras point" inscrits sur le monument aux morts
d'Avion (Pas-de-Calais), ou "Maudite soit la guerre" sur celui de Gentioux
(Creuse).
1,4 million de morts, dont des milliers de disparus ou jamais identifiés dans
la boue de la Marne ou de Verdun, symbolisés par le Soldat Inconnu qui repose
sous la voûte de l'Arc de Triomphe.
1,4 million de morts, la grande majorité dans la "zone rouge" allant de la Mer
du Nord à la Suisse avec ces noms gravés dans l'Histoire de France:
la bataille de la Marne et ses taxis (septembre 1914); le Bois des Caures, les
forts de Douaumont et de Vaux, la "Voie Sacrée" à Verdun (février-décembre
1916); le Chemin des Dames (printemps 1917) et l'échec sanglant de l'offensive
Nivelle suivis de mutineries.
1,4 million de morts et les 675 soldats fusillés sous
l'uniforme français pour désertion, mutinerie, refus d'obéissance, ou crimes
de droit commun, dont 49 au printemps 1917 au Chemin des Dames.
1,4 million de morts, dont le soldat Pierre-Auguste
Trébuchon, tué sur les bords de la Meuse le 11 novembre 1918 à 10h50, dix
minutes avant la sonnerie du cessez-le-feu à la onzième heure du onzième jour
du onzième mois de 1918.
"Plus jamais ça", dirent alors certains poilus. D'autres affirmèrent que cette
guerre serait "la der des ders"...
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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effer
Jedi Trader

13 03 2008 à 13 : 02
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Salut Ronin,féru d'histoire militaire? 75% de pertes ,
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malheureusement ,avec des ??? de généraux comme Nivelle,ça a été fort
possible.cf la citation du guguss en-dessous.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Offensive_Nivelle#Les_pertes
Les pertes [modifier]
Cette bataille est un échec presque total pour l'armée française. Alors que
cette bataille devait être, elle aussi, décisive, elle se solde par un
massacre inouï.
L'estimation des pertes fait l'objet de polémique en fonction de la période et
du terrain retenus. Le député Favre les estime à près de 200.000 hommes côté
français au bout de deux mois d'offensives [12]. C'est un bilan probable et
assez peu éloigné du décompte incomplet réalisé par J.F. Jagielski. Chaque
division a perdu en moyenne 2600 hommes sur le Chemin des Dames.
Quant au bilan côté allemand, il est encore moins aisé à réaliser.
L'état-major français estimait en juin 1917 les pertes autour de 300.000
hommes ; c'est sûrement exagéré. Toujours est-il que le général en chef
allemand Ludendorff a écrit : "Notre consommation en troupes et en munitions
avait été ici aussi extraordinairement élevée".
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http://grandeguerre56.over-blog.com/article-1182475.html
La Bretagne a été saignée durant la première guerre mondiale.
Le breton est en général rural, il parle mal ou pas le Français. Il a la
réputation d'être courageux et bon soldat.
Toute cette corrélation d'éléments nous permet d'expliquer pourquoi les
régiments bretons étaient souvent envoyés en première ligne se faire décimer
(au même titre que les tirailleurs sénégalais, marocains ou algériens).
Au total on estime à 150 000 le nombre de bretons tués lors de la grande
guerre ce qui représente 19% des engagés. Les annecdotes macabres ne manquent
pas. Le 2e RI colonial de Brest passa en une journée de 3326 à 476 hommes...
Nivelle à dit : "Ce que j'en ai consommé du
Breton"
NDLR : Nombre de ces infos sont tirées des excellents ouvrages de M Roger
Laouenan sur le sujet.
Ce que j'ai appris sur Arte ,c'est que les fusillés pour "l'exemple", l'ont
été dès 1914,probablement après la période du filme "Joyeux Noël" ,et non sur
l'intigation de Pétain .
_________________ Carpe Diem (Le Cercle des poètes disparus) |
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ronin
Jedi Trader

13 03 2008 à 15 : 19
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Bonjour Effer.
Effectivement j'aime assez l'histoire.
"Celui qui ne connait pas son passé s'expose à ce qu'il recommence"
Pour ce qui est de la première guerre mondiale.
Je suis né à Verdun (On ne passe pas )
J'habite à 30km du bois de Caures, 40km de Douaumont, de la tranchée des
baionnettes, du fort de Vaux, 60' de la voie sacrée...
Non seulement le Maréchal Pétain n'était pas l'instigateur des exécutions,
mais il fut l'homme qui su ramener l'ordre dans les meilleurs conditions.
A savoir que les exécutions diminuent considérablement au cours des années de
cette guerre partant de quelques centaines au début pour arriver à quelques
dizaines au "chemin des Dames"...
Pétain est probablement (à ma connaissance le dernier général a être monté au
feu avec (devant) ses troupes...
"Le 6 septembre, après une préparation d'artillerie, il lance sa division en
direction de Saint-Bon, à quelques kilomètres au sud d'Esternay.
Mais son infanterie flotte sous le feu ennemi.
Alors, il s'avance jusqu'à la première ligne
d'attaque, la dépasse et poursuit vers la crête de Saint-Bon balayée par le
feu allemand.
Son exemple entraîne la division dont le succès ouvrira la route de
Monceau-lès-Provins. "
Pétain a toujours eu le souci de la vie des Poilus.
Pendant les heures noires de l'occupation lorsque dans le maquis certains
jeunes résistants pestaient contre le Maréchal, toujours ils étaient repris
par les anciens de 14_18.
"Le Maréchal en 14_18 est le seul qui se soit soucié de notre peau"
Pétain a été le bouc émissaire parfait, il en était d'ailleurs parfaitement
conscient lors de sa prise de fonction en 1940.
Son procés a été un pur procés Stalinien....
Par ailleurs Pétain a pleuré le soir de l'armistice du 11/11/1918.
Pleuré car alors que l'Allemagne était à genoux ses troupes sont reparties
tranquillement et qu'il savait déja que nous le payerons cher.
Rendre sa frontière naturelle à la France, gagner la rive gauche du Rhin nous
aurait mis à l'abri des déconvenues de 1940.
" Ni Pershing ni moi ne voulions l'armistice ; toute l'aile gauche de l'armée
allemande était en déroute et nous pouvions aller à Berlin.
Mais les Anglais nous trahissaient depuis août 1918 pour que nous n'eussions
pas la rive gauche du Rhin.
Il est aisé de prouver au peuple allemand qu'il n'a pas été battu. Pourvu que
cela ne nous amène pas une seconde guerre mondiale qui serait encore plus
terrible que la première ! Le soir de l'armistice, j'ai pleuré ! ".
De l'autre côté du Rhin, Hindenburg exprime déjà sa certitude de la
renaissance de la " grande et fière armée allemande"
Clémenceaux alors qu'il était mourant :
" Dans cinq ans, dans dix ans, quand ils voudront, les Boches entreront chez
nous ".
Pour ce qui est de Nivelle il était à priori un excellant général...
(contrairement à la quasi totalité des buses à ce grade, 50% de limogés pour
incompétances après 2 ans de conflit)
Son offensive (dont ne voulait pas Pétain et un certain nombre d'autoritées
civiles et militaires) si elle n'était pas un succé immédiat devait être
stoppée immédiatement...
Sans vouloir faire d'humour, juste pour le parallèle.
Nivelle n'a pas tenu son "stop"... et deux cent mille hommes tombèrent.
A noter que les mutins ne se révoltaient pas contre la guerre qu'ils savaient
indispensable de gagner totalement mais contre les boucheries inutiles...
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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cinna
Jedi Trader

14 03 2008 à 18 : 57
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Ronin, puisque tu habites près du lieu, mon père, né en plein coeur du
Morbihan, donc breton, était en première ligne au Mort-homme lors de la grande
offensive allemande du 29 mai 15. Il "pleuvait" des obus à ne pas les compter.
Ses copains se réfugièrent vers l'arrière. Il préféra rester en première ligne
car mourir sur le front ou un peu à l'arrière revenait au même. Il se réfugia
dans un trou d'obus et un moment donné un os en putréfaction tomba près de
lui. Il le lança au loin en raison de son odeur. Il ne pu savoir s'il
s'agissait d'un os d'homme ou de cheval. Au bout d'un certain temps, les
bombardements cessèrent et une nuée de soldats ennemis arrivèrent au niveau de
mon père qui ne pu que lever les bras. Il finit la guerre dans une ferme à
l'est de Berlin. Si non, je n'aurais pas existé.
Une anecdote: il avait 20 ans 1/2. En 14 on ne voulait pas de lui car trop
maigre mais en 15, on prenait tout le monde.
Il mourût en effet 2 fois plus de bretons et de corses en pourcentage. Cela
n'empêcha pas le ministre de l'instruction publique du pays des droits de
l'homme de déclarer 10 ans après qu'il fallait éradiquer la langue bretonne!
micalement.

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ronin
Jedi Trader

14 03 2008 à 21 : 44
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Le mort homme (cumières) c'est chez moi, 30km?
Déclaré par l'état :
"Mort pour la France "
Une des neufs communes non reconstruites après guerre.
http://chtimiste.com/batailles1418/combats/morthommet.htm
La cote 304 était perdue les Allemands s'approchaient du sommet lorsque deux
Poilus dont on ne sut pas qui ils étaient s'élancèrent gagnèrent de vitesse
les ennemis et mirent en batterie une mitrailleuse qui leur permit de
repousser les assauts Allemands.
_________________ " Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano |
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cinna
Jedi Trader

15 03 2008 à 18 : 53
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Merci Ronin pour le récit de la bataille que tu nous as transmis. Mon père
hélas n'est plus là pour me donner plus de précision. La seule maladie qu'il
attrappa au front fût une super-dissentrie mais ce n'était pas concidéré
comme maladie car il n'avait pas de fiêvre.
Bon week-end à toi. Ce soir je vais chanter avec ma chorale pour "Rétina" la
recherche pour la vue. C'est quand même mieux que ces boucheries.
micalement.
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