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ronin
Jedi Trader

02 05 2007 à 9 : 26
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Réchauffement climatique et riz :
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AFP le 02/05/2007 08h52
La Thaïlande, plus gros exportateur mondial de riz menacé par le dérèglement
climatique
Des producteurs de riz ramassent les premières récoltes de la saison dans la
province d'Ayutthaya le 26 avril 2007
© AFP Pornchai Kittiwongsakul
En Thaïlande, où il est consommé trois fois par jour et cultivé par 3,6
millions de familles, le riz est plus qu'un aliment, il représente la vie et
pas un grain ne se perd.
Le royaume, l’un des premiers pays à avoir cultivé le riz, en est aujourd’hui
le premier exportateur mondial (7,5 millions de tonnes en 2005). Mais cette
culture vitale pourrait être menacée par le dérèglement climatique et son
cortège d’inondations et de sécheresses qui, selon des scientifiques,
pourraient réduire substantiellement les rendements et affecter durement les
communautés rurales thaïlandaises.
"Les producteurs pourraient devenir de plus en plus pauvres", indique Tara
Buakamsri de l’organisation écologiste Greenpeace. "L’exode rural pourrait
augmenter, créer plus de problèmes sociaux en ville et le produit intérieur
brut de la Thaïlande lié à la production de riz pourrait décroître".
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l’évolution du climat (Giec),
réuni depuis lundi à Bangkok, a prédit que les gaz à effet de serre allaient
modifier la pluviométrie, intensifier les tempêtes tropicales et amplifier le
risque de sécheresses et d’inondations, y compris dans les pays pauvres qui
seraient les plus durement touchés.
Des événements climatiques extrêmes ont déjà affecté la Thaïlande. Les
producteurs de riz de la province centrale d’Ayutthaya se souviennent des
inondations qui, l’année dernière, ont détruit la récolte et tué quelque 200
personnes.
"Toute la province a été affectée. Je n’avais jamais vu des champs de riz sous
l’eau comme ça auparavant", raconte Mme Sangon Reungtham, 55 ans. La terre
craquelée sous ses pieds ne porte pourtant aucune trace des torrents ayant
inondé la région.
Les producteurs de riz redoutent le dérèglement climatique qu’ils observent
depuis quelques années mais ils ne savent pas à quoi l'attribuer.
Anond Snidvongs, directeur pour l’Asie du sud-est de START, centre de
recherche sur le changement climatique, confirme que des conditions extrêmes
pourraient avoir un impact sur la production de riz.
Ses recherches initiales à l’université de Chiang Mai montrent que les animaux
et micro-organismes qui enrichissent le sol en substances nutritives sont très
sensibles à la chaleur et à l’humidité.
Les inondations et les grosses pluies contribueraient à l’érosion du sol et au
lessivage de ces substances, explique-t-il. "Nous sommes en train de
déterminer l’impact sur les rendements, mais, d’après une simple projection,
ils pourraient être réduits de moitié".
Une étude de Vichien Kerdsuk, chercheur à l’université de Khon Kaen, montre
que la production de riz jasmin dans la région du nord-est a chuté de 45,5%
entre 1994 et 2005 à cause des sécheresses et, dans une moindre mesure, des
inondations.
Les solutions actuellement proposées sont souvent axées sur l’adaptation de la
production agricole plutôt que sur les tentatives de stopper le changement
climatique. Le Giec a indiqué en février que le réchauffement était maintenant
inévitable.
Anan Polvatana, directeur adjoint de la recherche à l’Institut thaïlandais du
riz, dit que les chercheurs sont en train de développer des variétés de riz
résistantes à la chaleur et aux nouveaux insectes et maladies que celle-ci
pourrait amener.
M. Anan prédit que le revenu des exportations de riz pourrait décroître mais
que cette chute n’aurait probablement qu’un effet limité sur l’économie du
royaume, car le riz ne représente qu’entre 1 et 2% du PIB.
Mais ce sont des millions de personnes qui souffriraient si le bol de riz du
monde venait à se vider, explique Mme Sangon. "Si le riz ne peut pousser,
notre revenu disparaîtra et nous devrons compter sur les salaires de nos
enfants". |
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