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kokoro
Jedi Trader

21 01 2008 à 12 : 16
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Richelieu Finance contraint de se vendre
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http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2008/01/21/04010-2
0080121ARTFIG00305-richelieu-finance-contraint-de-se-vendre.php
La société annoncera cette semaine son adossement à un acteur européen. Avec
l'effondrement des valeurs moyennes, elle peine en effet à garantir la
liquidité de ses fonds.
C'est un krach. Depuis le 1er janvier, les valeurs petites et moyennes de la
Bourse de Paris ont chuté de plus de 16% (indice CAC small et mid). De quoi
donner des sueurs froides aux sociétés de gestion qui ont massivement investi
sur ce segment de la cote. Pour Richelieu Finance, l'un des gestionnaires
indépendants les plus connus de la place de Paris, la mauvaise passe s'est
transformée en menace d'asphyxie. Au point que la société est contrainte de
s'adosser. «Un rapprochement avec un très grand acteur européen sera annoncé
dans les tout prochains jours », explique un proche du dossier. La
transaction, conseillée par Rothschild & Cie, implique pour Gérard
Augustin-Normand, le médiatique fondateur et patron de Richelieu, de renoncer
à son indépendance. Mais cela lui permet de trouver une sortie par le haut,
préservant les intérêts de ses clients. Ainsi, aucun des fonds gérés par
Richelieu ne sera fermé, ni gelé.
Et pourtant… La menace qui guettait la société était celle d'une crise de
liquidité. Depuis trois ou quatre mois et surtout depuis le début de l'année,
les clients de Richelieu se retirent des investissements en actions. Et quand
ceux-ci vendent leurs parts, le gestionnaire doit à due concurrence céder des
actifs logés dans ses fonds communs. Cela ne pose aucune difficulté quand il
s'agit par exemple de mettre sur le marché l'équivalent de 5 millions d'euros
d'actions Sanofi ou EDF. C'est beaucoup plus difficile sur une petite valeur,
surtout lorsqu'on en possède soi-même une part très significative du capital
en circulation. Ce qui est justement la spécificité de Richelieu.
L'odeur du sang
Pour rembourser ses clients qui ont voulu sortir de Richelieu Spécial, son
fonds star, Gérard Augustin-Normand a commencé par céder ses titres les plus
«liquides», comme Total, Air Liquide, Saint-Gobain ou Royal Dutch Shell. La
crise s'aggravant, la situation est devenue de plus en plus tendue. Richelieu
Spécial a vu son actif net fondre de plus de 2 milliards d'euros fin novembre
à 1,36 milliard au 17 janvier. Or, ses principales valeurs en portefeuilles
sont toutes moins liquides les unes que les autres : le fonds est ainsi l'un
des principaux et derniers détenteurs de titres participatifs Renault et
d'actions Elf Aquitaine. Les choix de gestion très ciblée de Richelieu et la
concentration de ses investissements, qui ont fait son succès et la fortune de
ses clients pendant de longues années, se retournent contre lui.
D'autant plus que certains ont flairé l'odeur du sang : les arbitragistes. Ces
investisseurs vendent par exemple «à découvert» des actions qu'ils ne
détiennent pas encore et qu'ils achèteront plus tard. Si le cours de cette
action baisse entre-temps, ils encaissent la différence. Ces arbitragistes ont
ciblé les valeurs dont Richelieu est un gros actionnaire, supputant que le
gestionnaire devrait en vendre. Ils ont ainsi tiré encore plus vers le bas des
titres comme Club Med (-13% sur la semaine, -30% depuis le 1er janvier) dont
Richelieu détient 20% du capital. Enfin, pour ne rien arranger, les
couvertures mises en place par Richelieu pour protéger ses fonds d'une trop
forte baisse n'ont pas fonctionné.
Les mésaventures de Richelieu Finance vont agiter la place dans les jours à
venir. Il faudra convaincre les clients de la société que l'adossement résout
les problèmes et offre de nouvelles perspectives de développement. Au-delà, la
profession des gérants et l'Autorité des marchés financiers devront se pencher
sur la question de la liquidité, qui sur fond de crise du subprime, avait déjà
fait trébucher les fonds monétaires dynamiques d'Axa, d'Oddo et de BNP Paribas
cet été. |
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