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 Accueil >> Xenia Euro dix après...

ronin

Jedi Trader



Message11 01 2008 à 17 : 29

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Euro dix après...
 
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L'euro, dix ans après, jugé réussi mais voué à se transformer :




BRUXELLES

Dix ans après son lancement, l'euro est indéniablement un succès mais ses participants se reposent sur la monnaie unique au lieu de lancer les réformes indispensables et les critères d'adhésion des nouveaux membres sont trop rigides, estime un groupe d'experts.



Le cercle de réflexion Bruegel, l'un des plus influents de la capitale belge, a célébré par un rapport très fouillé le dixième anniversaire de la fixation irrévocable des parités entre les monnaies des pays participants en 1998.



"Il insiste sur le fait que l'euro est une réalisation majeure de l'intégration européenne et que les institutions européennes méritent d'être saluées pour avoir donné naissance à une nouvelle entité à partir de ce qui était initialement un groupe d'économies très différentes", peut-on y lire.





La force de la jeune monnaie, sa montée en puissance comme devise internationale, la stabilité dont elle a fait preuve, même pendant la crise financière, le bas niveau des taux d'intérêt et le fait que tous les pays de l'UE, à l'exception du Royaume-Uni, veulent y adhérer à terme, en sont la preuve.


Mais les auteurs du rapport soulignent les lacunes existantes et l'ampleur des défis qui attendent l'euro.



"La performance économique de la zone euro depuis 1999 a été acceptable, mais pas brillante, et non entrons dans une période moins faste",


a déclaré lors d'une conférence de presse Jean-Pisani-Ferry, le directeur de Bruegel, qui note que l'inflation est en hausse, que le dollar ne cesse de chuter et qu'une instabilité majeure agite les marchés des changes.




L'EURO, UN "ANESTHÉSIANT"


Les réformes structurelles ne se sont pas accélérées, comme si l'euro agissait comme un "anesthésiant", puisqu'il agit en quelque sorte comme un bouclier contre les chocs.


"Les gouvernements considèrent que l'euro est un acquis", ajoute Pisani-Ferry, selon lequel les dirigeants européens font aussi valoir des visions opposées de la gestion de leur monnaie.



Enfin, alors que l'euro était conçu comme la première pierre d'une Europe fédérale dotée d'un pouvoir politique central susceptible de gérer l'euro avec la Banque centrale européenne (BCE), cet objectif apparaît désormais hors de portée.



Il faudra donc vivre avec une zone euro où les décisions, par exemple budgétaires, restent prises au niveau national.


Bruegel s'attache donc à faire des propositions qui permettront d'améliorer la gouvernance de la monnaie unique.



La BCE doit selon ce groupe accepter d'améliorer la "qualité du dialogue" avec les gouvernements alors qu'elle se retranche habituellement derrière son indépendance pour refuser ce qu'elle considère comme étant une ingérence dans ses affaires.


Il lui faut aussi fixer un objectif d'inflation plus précis que sa cible d'une hausse des prix de moins de 2% sur le moyen terme -- en décembre, elle était de 3,1% en glissement annuel.



En adoptant un objectif de 2% approuvé par l'Eurogroupe, la BCE donnerait de la prévisibilité aux marchés et à l'opinion publique, tout en ôtant aux politiques des arguments faciles pour critiquer le comportement de l'Institut de Francfort.




Il faudrait également, selon Bruegel, mettre l'accent sur la dette plutôt que le déficit public et laisser une marge de manoeuvre plus grande aux pays qui ne risquent pas de déraper.





PRENDRE EN COMPTE LES RÉALITÉS


"Nous ne proposons pas de jeter le pacte de stabilité aux orties, mais il faut prendre en compte les réalités d'aujourd'hui et ajuster les instruments", a expliqué Philippe Aghion, membre de Bruegel et professeur d'Economie à Harvard.



Il faut donc ajouter des "carottes et des bâtons" pour obliger les Etats membres à mettre en place les réformes nécessaires, particulièrement en Italie, en France et en Allemagne, les trois pays les plus importants de la zone.




Parmi les "carottes", il faudrait accepter que les réformes ont un coût initial qui pourrait entraîner un dépassement temporaire de la limite de 3% du PIB pour le déficit.



L'Eurogroupe devrait à l'inverse être en mesure d'empêcher un pays qui mettrait en oeuvre une politique économique nuisible à l'ensemble de la zone, y compris lors de "sommets".



Pour parler d'une seule voix sur la scène mondiale, le rapport recommande également la création d'un siège unique pour la zone euro au Fonds monétaire international (FMI).



Plus iconoclaste encore, Bruegel estime qu'il faut modifier les critères d'entrée dans l'euro pour les nouveaux pays.



"La plupart des nouveaux pays ne seront plus que probablement pas en mesure d'adhérer dans les années à venir", regrette Marek Belka, ancien Premier ministre polonais, en regrettant des balises qui ne sont pas faites pour eux.




En cause, des critères trop stricts, notamment en termes d'inflation, qui a selon Bruegel une signification très limitée dans des pays en rattrapage économique qui connaissent une croissance très forte et, forcément, des tensions sur les prix.




A ce jour, seuls Chypre, Malte et la Slovénie, parmi les 12 nouveaux pays, ont réussi leur entrée dans l'euro.

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