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 Accueil >> Xenia Raymon Barre :

ronin

Jedi Trader



Message26 08 2007 à 20 : 40

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Raymon Barre :
 
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La France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs".


Le premier, Valéry Giscard d'Estaing a salué par ces mots, tôt samedi matin, la disparition de celui qui fut son chef de gouvernement, Raymond Barre.

L'ancien Premier ministre et ancien maire de Lyon est décédé dans la nuit à l'hôpital du Val de Grâce, à Paris, où il était hospitalisé depuis avril dernier.

Il avait été hospitalisé à Monaco à la suite d'un malaise survenu dans sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat, avant d'être transféré par hélicoptère le 11 avril vers l'hôpital militaire parisien et admis au service de cardiologie. A une insuffisance rénale, dont il souffrait depuis des années, s'étaient ajoutés des problèmes cardiaques. Ses obsèques devraient avoir lieu mercredi à 15H30 dans la chapelle du Val-de-Grâce, selon une source proche de la famille.




"Homme carré dans un corps rond", celui qui citait comme sa plus grande qualité la ténacité, et qui fut adoubé "meilleur économiste de France" par Valéry Giscard d'Estaing, aura laissé lors de son passage à Matignon, de 1976 à 1981, l'image d'un chantre de la rigueur économique.



Une image qui lui aura valu autant d'estime pour la défense de ses convictions, que d'impopularité auprès des Français.


Au terme de son action, il put au moins se féliciter d'avoir maintenu la parité du franc (une de ses obsessions). Il devait d'ailleurs dire que le tournant socialiste de 1983 en faveur de la rigueur avait justifié a posteriori sa politique.



"Un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel"




Pour Valéry Giscard d'Estaing, "son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays.


Raymond Barre était un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays.



Le milieu politique a eu du mal à comprendre sa démarche solitaire et désintéressée qui était trop éloignée de ses habitudes.



Et l'opinion publique n'a réalisé que tardivement qu'il travaillait en réalité pour son bien".


Quant à Jacques Chirac, qui fut pourtant son adversaire politique, il a également jugé que "la France perd un grand économiste, un homme politique résolument engagé pour la modernisation du pays et un grand Européen".




Nicolas Sarkozy a salué pour sa part en Raymond Barre un "esprit libre et indépendant" et un "personnage à part dans le personnel politique français".



Pour l'actuel chef de l'Etat, ce "représentant éminent de l'école française de science économique" eut "la volonté de mettre son savoir au service de la cité, toujours fidèle dans son engagement, à ses convictions européennes, libérales et sociales".



Raymond Barre était "un Premier ministre qui n'a jamais hésité à dire la vérité aux Français", a jugé pour sa part le Premier ministre François FIllon.


Quant à la ministre de l'Economie Christine Lagarde, elle a rendu hommage à un homme politique "de talent" et un "économiste de premier plan", qui "fut un des défenseurs courageux et éclairés de la théorie libérale en France".




Hommages également au sein de la classe politique : François Bayrou a ainsi salué samedi en Raymond Barre un "homme d'Etat" qui "tenait le cap".


Le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, s'est déclaré "bouleversé" par la disparition de l'ancien Premier ministre avec qui il avait établi des "relations d'estime et d'affection".


Jacques Delors, évoquant son rôle de vice-président de la Commission européenne, de 1967 à 1973, a estimé que Raymond Barre avait été l'un des précurseurs de l'euro.

Et à l'étranger, la Commission européenne a salué "un grand homme d'Etat", un "économiste brillant" et "un grand européen".





Professeur d'économie plus qu'homme politique, l'ancien Premier ministre a souvent vécu son parcours dans les plus hautes sphères de l'Etat dans la contrainte.






"Ma liberté intellectuelle et spirituelle a été totale, même s'il est vrai que l'on est jamais complètement libre physiquement".


Dans un dernier livre d'entretien*, Raymond Barre évoquait peut-être avec pudeur la maladie qui le rongeait depuis quelques années. Cette maladie sur laquelle il n'avait pas prise et qui le privait d'une liberté qu'il aimait par dessus.



Ceux qui l'ont connu comme professeur retiendront un économiste à la renommée internationale.

Ceux qui l'ont soutenu ou combattu dans les urnes se souviendront d'un homme qui ne s'est jamais plié aux règles de la politique.


Raymond Barre s'est toujours plus intéressé à la France qu'aux Français, diront ses détracteurs.





"Je vous conseille de faire quelque chose où l'on a une plus grande liberté"


Né en 1924 à la Réunion, il y passe les vingt premières années de sa vie.

Des études brillantes sur les mêmes bancs que l'avocat Jacques Vergès et son frère Paul. Passionné de philosophie et de littérature, il découvre alors l'univers de Proust qui ne le quittera plus.


Après son arrivée en France en 1946, le diplôme de Sciences Po en poche, il veut tenter l'ENA ; "Barre, je vous connais, je vous conseille de faire quelque chose où l'on a une plus grande liberté" lui lance un de ses maîtres.


Il choisit donc l'agrégation d'économie et les relations internationales, un milieu qui lui permettra de faire des rencontres capitales :

Raymond Aron, la philosophe Simone Weil ou le penseur Alexandre Kojève.

Il se forgera son corpus intellectuel : un capitalisme modéré par des règles, la connaissance des relations entre Etats ou le rejet de la pensée marxiste.



En 1955, après quatre années d'enseignement en Tunisie, il publie le fameux ouvrage Economie politique sur lequel les étudiants travaillent encore.

Quatre ans plus tard, l'un des membres de son jury d'agrégation, Jean-Marcel Jeanneney, devient ministre de l'Industrie et lui propose de devenir son directeur de cabinet.

Un défi qu'accepte le jeune professeur car les deux hommes se ressemblent : des universitaires qui aiment l'action mais qui rejettent les travers du milieu politique. Déjà pour Raymond Barre le mépris du " microcosme"...



Revenu à sa passion de l'enseignement, on vient de nouveau le chercher : à la demande du général du Gaulle, il devient en 1967 et pour cinq années le vice-président de la Commission européenne à Bruxelles.



Très tôt convaincu de la nécessité de faire l'Europe, Raymond Barre y milite pour une Union économique et monétaire qui permettra plus tard l'avènement de l'euro.


Négociations marathons et recherche permanente du compromis, ses années européennes sont aussi passionnantes qu'éreintantes physiquement.

"La lecture d'un roman policier me permettait de rester éveillé après deux nuits blanches" racontait-il.


"Les Français n'acceptent pas un effort prolongé"



C'est durant son passage à Bruxelles qu'il apprend à travailler avec Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre de l'Economie.

Sur la même longueur d'onde sur les questions économiques et européennes, Giscard, devenu président, le nomme ministre du Commerce Extérieur en janvier 1976.

En août, la démission de Jacques Chirac lui ouvre les portes de Matignon.


Une nouvelle fois surpris qu'on ne fasse pas appel à un homme politique pour une telle fonction, Barre accepte la mission qui lui est confiée :


"remettre de l'ordre" dans l'économie, trois ans après le choc pétrolier.

Pour juguler inflation et chômage, le "plan Barre" impose aux Français la rigueur pour notamment redresser le franc.




Jusqu'à la présidentielle de 1981, le Premier ministre doit se battre sur deux fronts :

une forte impopularité et une opposition systématique du RPR à l'égard de VGE.



Barre livre une explication pour ses mauvais sondages :


"Les Français n'acceptent pas un effort prolongé".



La droite remporte à la surprise générale les législatives de 1978, des élections qui le parachutent député du Rhône et qui marquent le début d'une longue histoire d'amour et de désamour entre Raymond Barre et la ville de Lyon.

Il préfèrera toujours la Seine à la Saône ; quant à Eve, son épouse, elle n'aime pas la cité des Gaules et ne quitte Paris que pour leur propriété de St Jean Cap-Ferrat, sur la Côte d'Azur.

Les Lyonnais ne le considéreront jamais comme l'un des leurs.



Pourtant, ils en feront leur maire dix-sept ans plus tard.



En 1995, Il fallait "sauver Lyon" après les scandales des années Michel Noir ; on vient une nouvelle fois chercher l'ancien Premier ministre alors âgé de 71 ans.


Volontiers ambassadeur de Lyon à l'étranger, il y fera venir le G7 ; mais certains milieux lui reprocheront son manque d'implication dans la gestion de la ville et le RPR l'accusera à mots couverts d'avoir offert la ville au socialiste Gérard Collomb en 2001.


Se soucier de l'intérêt général plutôt que de faire de la politique aura toujours été l'obsession de Raymond Barre.


Une obsession louable mais souvent déplorée par ses amis qui estiment qu'elle le priva d'une réelle chance d'accéder à la magistrature suprême.


En 1988, lors de sa seule compétition présidentielle, il ne parvint pas à franchir le premier tour, laissant Jacques Chirac affronter François Mitterrand.


Un mépris affiché pour le microcosme



Raymond Barre en campagne ou l'anti-Chirac.


Ni promesse, ni rêve, ni mensonge, il ne voulait et ne savait pas se vendre.


Un ancien ministre évoque ce meeting en terre agricole où le candidat UDF passa plus d'une heure à expliquer aux agriculteurs combien ils étaient trop subventionnés en France.


"Peut-être n'avais-je pas lesqualités de tempérament nécessaires ?" reconnaissait-il.


Un mea culpa qui n'empêchait pas Raymond Barre d'en vouloir éternellement au "microcosme ", à "ce milieu qui ne pense qu'à lui-même, qui vit par lui-même et de lui-même et qui ne souhaite qu'une chose : survivre".


Repéré au départ pour ses compétences intellectuelles, le professeur Barre n'est jamais devenu un homme politique.


Mais il s'imposa au fil des années comme une figure incontournable du débat public.


Les Français ne l'ont pas choisi mais ont toujours écouté ses "vérités" avec respect.


Dans les dernières années de sa vie, ils ont pu découvrir à la télévision un autre Raymond Barre, le passionné de jazz et de cinéma, notamment les westerns, un homme qui aimait rire et qui parlait avec gourmandise de la bonne chère.


Libéré, Raymond Barre savait alors mieux "se vendre", sans faux-semblant, loin des campagnes électorales qu'il qualifiait de " cloaques ".

En juin 2002, la fin de son mandat de député signera son retrait de la vie politique.





Les propos de l'ancien Premier ministre Raymond Barre, qui avait évoqué dans une interview diffusée le 1er mars sur France Culture, un "lobby juif capable de monter des opérations indignes", avaient provoqué l'émoi dans la classe politique et l'indignation des organisations juives et antiracistes.


François Bayrou les avait jugé "purement et simplement inacceptables", tandis que le Parti socialiste les avaient considéré "indignes d'un ancien Premier ministre de la République, censé rester une référence".


Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'était dit "scandalisé" par de tels propos, estimant que Raymond Barre avait "rejoint l'extrême droite".





Accusé d'antisémitisme après ses propos sur l'attentat de la rue Copernic, en 1980, il avait de nouveau été confronté à la polémique en avril dernier.







Fort de ses convictions et n'hésitant pas à les proclamer, quitte à ce qu'elles nuisent à sa popularité, Raymond Barre était autant estimé que peu apprécié pour sa capacité à dire aux Français des vérités économiques désagréables.




Son refus de la langue de bois et son aversion vis-à-vis des usages du "microcosme" pouvaient le rendre cassant.


Derrière le politique venu sur le tard aux plus hautes responsabilités, pointait facilement l'universitaire mal à l'aise face à la logique des partis, aux nécessités d'une campagne électorale, et plus encore face à la polémique.


Celle, tenace, sur des soupçons d'antisémitisme, l'aura poursuivi de l'attentat de la rue Copernic jusqu'à l'antenne de France Culture.


Une accusation dont il s'est toujours défendu avec vigueur.


"Nul ne peut trouver dans mes activités de professeur, dans mes responsabilités à Bruxelles, dans mon action de Premier ministre et de maire de Lyon, la moindre trace d'antisémitisme, pour une raison simple, c'est que je ne suis pas antisémite, en aucune façon", écrivait-il dans un communiqué rageur, peu avant le malaise qui devait conduire à son hospitalisation.


"En réalité, Copernic, Gollnisch et Papon, tout cela conduit à présenter mes propos de façon tendancieuse en me prêtant des sentiments qui me sont totalement étrangers".



La polémique rebondit au bout de 27 ans


La polémique avait pris naissance le 3 octobre 1980 :


le Premier ministre, exprimant son indignation à la suite de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, déplorait alors "cet attentat odieux qui voulait frapper des Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic".



L'expression faisait scandale.

Elle ne devait pas être la seule : ainsi en décembre 1985, Simone Veil, rescapée d'Auschwitz, s'était émue de la formule


"Oui au travail, oui à la famille, oui à la patrie mais dans une France libre", employée par Raymond Barre, estimant qu'elle rappelait "le drame absolu" des années 1940-1945.



Près de 27 ans plus tard, la controverse pouvait sembler éteinte.



Pourtant, invité le 1er mars 2007 sur France Culture, et interrogé sur ces accusations d'antisémitisme et sur le cas Papon, Raymond Barre ranimait les critiques en se présentant en victime du "lobby juif", "capable de monter des opérations indignes".



Dans le même entretien, il dédouanait Maurice Papon - ministre de son gouvernement - pour son rôle sous l'Occupation en affirmant que celui-ci avait choisi de rester à son poste à la préfecture de Gironde pour "faire fonctionner la France" et que seul "un intérêt national majeur" eût justifié une démission.



Et il affirmait à propos de Bruno Gollnisch, condamné pour propos négationnistes : "J'ai dit que je blâmais ce qu'il avait dit mais que pour le reste, je l'avais connu et que c'était un homme bien".



Ces propos avaient "scandalisé" le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et "indigné" le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).


L'historien et cinéaste Claude Lanzmann avait déclaré dans une tribune publiée par Libération :


"J'accuse M. Raymond Barre d'être un antisémite.

Plus encore : je l'accuse de se faire le héraut de cette passion immonde, de la propager, de s'en glorifier, délit qui tombe sous le coup de la loi".



Rappelant qu'il avait témoigné au procès de Maurice Papon, de même que l'ancien ministre Olivier Guichard, Raymond Barre rétorquait :


"On ne peut pas nous soupçonner d'être collaborationnistes, ni d'être antisémites".


Et tout en dénonçant "ce 'lobby de gauche' qui ne représente pas (...) la communauté juive de France", il affirmait : "Je suis et j'ai toujours été du côté des survivants de l'Holocauste pour condamner la barbarie et ses complices".

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cinna

Jedi Trader



Message26 08 2007 à 20 : 58

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Si Chirac n'était pas passé devant lui au premier tour de 88 grâce à son argent sâle qui ruisselait sur les mùrs, Raymond Barre avait toutes les chances de battre François Mittérand et alors la France ne serait pas la M. comme c'est la cas actuellement.
Par contre j'ai été déçu d'apprendre cette semaine que Raymond trainait un sentiment antisémite primaire.
Très content micalement.


bzh.gif
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ronin

Jedi Trader



Message28 08 2007 à 11 : 11

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Répondre en citant
" Raymond trainait un sentiment antisémite primaire. "

Bof, il faut se méfier de ces étiquettes faciles. Dès que l'on effleure le politiquement correct c'est la levier de boucliers.

La remarque suite à l'attentat de la rue Copernic me semble malheureuse.


Par contre il suffit d'attendre les élections US et l'on reparlera du poids des votes Juifs, du lobby Juif dans tous les médias, sans antisémitisme aucun. Juste en analyse. Là ça ne choquera personne (à juste titre).


Alors constater qu'il y a des groupes de pressions Juifs (autres) au moment des élections et ne pas vouloir admettre qu'ils puissent jouer un role sur la vie politique des pays me semble bien contradictoire.


Ensuite lorsque l'on connait les dessous de la politique et des manoeuvres les accompagnant on sait bien qu'à un moment ou un autre ce n'est pas joli.

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Jedi Trader



Message28 08 2007 à 12 : 28

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Qu'en est-il exactement du sabordage de la
 
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campagne de Raymond Barre à la présidetielle,par Pasqua?

Donné favori par beaucoup de sondages quelques mois avant l'élection y compris devant Francois Mitterrand, il est victime d'une véritable entreprise de démolition de la part du camp de Jacques Chirac et notamment de son lieutenant, Charles Pasqua. Il est à noter que beaucoup plus tard, François Mitterrand rendra hommage à Raymond Barre en le qualifiant de « véritable homme d'État ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Barre

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