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ronin
Jedi Trader

03 08 2007 à 14 : 47
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Pétrole et pays émergeants :
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Le pétrole cher creuse la fracture entre pays riches et pauvres
Une pompe à essence
La flambée des prix du pétrole, qui atteignent de nouveau des records,
n'ébranle pas les économies des pays industrialisés et profite aux pays
émergents producteurs d'or noir, mais aggrave la situation des pays en
développement importateurs d'énergie.
Les cours du pétrole sont montés pour la première fois mercredi jusqu'à 78,77
dollars le baril. "On ne peut pas dire que ça ait le
moindre impact sur l'économie mondiale", juge Philippe Chalmin, professeur
d'économie à Paris Dauphine et spécialiste des matières premières.
"Les pays riches ont su assez remarquablement s'adapter à des prix du pétrole
très significativement plus élevés" depuis quatre ans, constate Francis
Perrin, directeur de la revue Le pétrole et le gaz arabes.
Une situation qui paraît durable. La demande pétrolière a bondi ces dernières
années à cause de la soif d'or noir des pays émergents, de la Chine en
particulier, et d'une forte croissance mondiale.
Elle augmente aujourd'hui bien plus vite que les
capacités de production, ce qui devrait garder les prix sous pression et les
empêcher de retomber à leurs niveaux d'il y a cinq ans, quand le baril de brut
ne valait que 25 dollars.
Mais malgré la récente flambée des cours, le Fonds
monétaire international (FMI) vient de relever à 5,2% sa prévision de
croissance mondiale pour 2007 et 2008, grâce aux meilleures performances des
pays émergents et surtout de la Chine.
S'il reconnaît que les prix du pétrole représentent un risque pour l'économie
mondiale, il ne s'en alarme pas.
Les pays industrialisés sont aujourd'hui "moins dépendants du pétrole" qu'il y
a 30 ans, constate Manouchehr Takin, expert du Centre for Global Energy
Studies (CGES).
A la suite des chocs pétroliers des années 70 et 80, ils ont diversifié leurs
sources énergétiques, en se tournant notamment vers le nucléaire, et ont
amélioré leur efficacité énergétique.
M. Takin s'attend toutefois à ce que les prix, "qui ont triplé depuis quatre
ans (...) freinent la croissance et accélèrent l'inflation".
"Supposons qu'on dépasse 80 dollars le baril: il pourrait y avoir des effets
de seuil psychologiques, qui pourraient peser sur le moral des ménages ou les
perspectives d'investissement", renchérit M. Perrin.
Certains pays du sud producteurs d'hydrocarbures ont largement bénéficié de
l'envolée des pétroliers, à l'instar du Venezuela, de l'Algérie ou de la
Libye.
Mais, insistent de nombreux commentateurs, la flambée
du brut est une calamité pour les pays en développement importateurs
d'énergie.
Leur facture pétrolière s'est considérablement alourdie, aggravant leur
déficit commercial et entravant la lutte contre la pauvreté.
Claude Mandil, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui
défend les intérêts énergétiques des pays consommateurs, parlait récemment de
"catastrophe épouvantable pour les pays les plus pauvres", à tel point que
"dans ces pays, le pétrole est subventionné par l'Etat".
Selon lui, le coût de ces subventions pour le budget de ces pays pauvres est
cinq fois plus élevé que les économies représentées par les annulations de
dette par les pays du G8.
L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE),
dont dépend l'AIE, indique dans son dernier rapport sur les perspectives
économiques africaines que "l’inflation a franchi à nouveau la barre des 10%
dans les pays" du continent "importateurs de pétrole, sous l’effet de la
flambée des cours".
En outre, le développement de la production de
biocarburants, à partir d'oléagineux ou de céréales, accentue le retard de
certains pays en provoquant une envolée du cours des denrées
alimentaires _________________ « Vous n'avez pas raison parce que d'autres sont d'accord avec vous.
Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste. »
Warren Buffet |
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